Comment Israël entend-il mettre en péril la sécurité de l’Égypte avec sa campagne agressive contre les Palestiniens?

Par Elijah J. Magnier 

Traduction : Daniel G.

Il est désormais on ne peut plus clair que les tensions entre l’Égypte et Israël se sont considérablement aggravées. Le Caire a publié une déclaration catégorique selon laquelle les tentatives d’Israël de transférer de force des Palestiniens dans le Sinaï sont inacceptables et constituent une violation d’une frontière vitale. L’Égypte souligne que cette initiative met non seulement en péril sa sécurité nationale, mais qu’elle remet également en cause sa souveraineté. Le gouvernement égyptien, qui a les moyens de protéger son territoire et sa sécurité, considère ces actions comme une menace directe. Depuis le début du conflit, Israël a exprimé son intention de transférer la population de Gaza vers le Sinaï, un plan dont l’Égypte est parfaitement consciente et qu’elle attribue à l’ambition plus large du premier ministre Benjamin Netanyahou de chasser les Palestiniens de Gaza, de la Cisjordanie et du Sinaï. Cela soulève des inquiétudes quant à d’autres actions possibles planifiées non seulement contre le peuple palestinien, mais aussi contre l’Égypte.

Des documents britanniques ont révélé qu’en 1971, Israël a élaboré une stratégie secrète visant à expulser des milliers de Palestiniens de Gaza vers Al-Arish, au nord du Sinaï. Après la guerre de juin 1967, au cours de laquelle l’armée israélienne a pris le contrôle de la bande de Gaza, de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et du plateau du Golan syrien, Gaza est devenue un problème de sécurité important pour Israël. Les camps de réfugiés de Gaza, densément peuplés, sont devenus des centres de résistance à l’occupation. Selon des évaluations britanniques, le plan israélien prévoyait le « transfert forcé » de Palestiniens vers l’Égypte afin de réduire l’intensité de la guérilla et d’atténuer les dilemmes sécuritaires auxquels étaient confrontées les autorités d’occupation israéliennes à Gaza. Cette révélation met en lumière la perspective historique d’Israël sur les déportations forcées.

Le projet de transfert forcé de Palestiniens vers le Sinaï est considéré comme une violation du droit international, notamment des normes relatives au traitement des civils dans les conflits et à l’interdiction des déplacements forcés. En 2010, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a proposé au président égyptien Hosni Moubarak d’installer les Palestiniens dans la péninsule du Sinaï, ce qu’a rejeté Moubarak. En 2017, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, a rejeté les appels de la ministre israélienne de l’Égalité sociale, Gila Gamliel, membre du Likoud, à utiliser le Sinaï pour un État palestinien, en affirmant que l’Égypte avait clairement fait connaître sa position sur la question à l’ambassadeur d’Israël au Caire.Depuis le 8 octobre, la présidence égyptienne a publié une déclaration suivie d’une position claire du président Abdel Fattah al-Sissi, qui s’oppose fermement au déplacement des Palestiniens de Gaza et qui rejette toute autorisation d’une 

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