L’inondation des tunnels par Israël pourrait bien se retourner contre les forces d’occupation à l’intérieur et autour de Gaza

Par Elijah J. Magnier 

Traduction : Daniel G.

Dans l’espace urbain complexe de la bande de Gaza, les forces d’occupation israéliennes ont adopté une stratégie controversée et audacieuse qui consiste à inonder une partie du vaste réseau de tunnels situé sous le territoire. Cette action de l’armée israélienne, d’une ampleur sans précédent, soulève plusieurs questions essentielles quant à son efficacité et à ses conséquences plus étendues. Face à une résistance bien préparée et déterminée dans cette zone densément peuplée, les forces israéliennes se retrouvent en terrain peu familier, celui de la guerre urbaine intensive. L’inondation des tunnels, principalement due au fait que les opérations terrestres n’ont pas obtenu les résultats escomptés, est un autre moyen de perturber ou neutraliser la résistance souterraine. Cette approche est d’autant plus notable que l’infanterie peine à prendre le dessus malgré sa supériorité numérique et le meilleur équipement dont elle dispose.

Israël a récemment annoncé la découverte d’un tunnel de quatre kilomètres reliant le nord de Gaza au point de passage d’Erez. Ce tunnel, construit par la résistance, a été utilisé le 7 octobre pour attaquer les colonies illégales autour de la bande de Gaza, les bases militaires de la « Division de Gaza » et les postes de police. Au cours des 45 premiers jours de l’occupation partielle du nord de la bande de Gaza par Israël, le Hamas a utilisé ce tunnel à deux reprises pour surprendre les forces d’occupation et leur infliger des pertes. La construction d’un tunnel aussi grand souligne l’acuité tactique de la résistance, qui a montré aussi son courage en affrontant des forces ennemies numériquement et physiquement supérieures, mais qui n’avaient sans doute pas le même degré de conviction.

La résistance a fait preuve d’un professionnalisme et d’une habileté remarquables en construisant un tunnel suffisamment grand pour permettre le passage de véhicules, et ce, au nez et à la barbe de la surveillance israélienne. Cet exploit est d’autant plus notable qu’Israël dispose d’une technologie de pointe en matière de détection des métaux et des tunnels. En outre, le contrôle étendu de l’espace aérien par Israël, au moyen d’avions de guerre et de drones de surveillance, devait être amélioré pour détecter ou perturber les activités de la résistance. La capacité de la résistance à construire un tel tunnel sans être détectée par les méthodes de surveillance avancées et à maintenir intactes ses structures défensives et offensives malgré les efforts d’Israël témoigne de sa sophistication stratégique et de l’efficacité de ses tactiques dans le conflit en cours. Cette réalité souligne la complexité de la situation, où la supériorité technologique est parfois contrebalancée par l’ingéniosité et la détermination sur le terrain.

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