
Par Elijah J. Magnier
Traduction : Daniel G.
Les empreintes d’Israël dans l’assassinat de personnalités clés du Hamas au Liban sont de plus en plus évidentes. Parmi les personnes visées figurent Saleh Al-Arouri, le chef adjoint du bureau politique du Hamas, et d’autres personnalités des Brigades al-Qassam, dont Samir Fandi et Azzam Al-Aqraa, qui figurent depuis longtemps sur la liste des assassinats ciblés d’Israël. La frappe a également causé la mort de trois Libanais. Cette violation des règles d’engagement que le Hezbollah applique depuis longtemps comme moyen de défense et de dissuasion contre ce genre d’assassinats apparaît comme une tentative désespérée du premier ministre Benjamin Netanyahou de maintenir son emprise sur le pouvoir. Cette « victoire » tactique fait suite à l’échec de ses objectifs stratégiques à Gaza, à savoir vaincre le Hamas et libérer tous les prisonniers israéliens après presque de trois mois de guerre contre Gaza et ses habitants.
La situation actuelle soulève des questions cruciales quant à la direction que pourrait prendre cette escalade. Ces assassinats pourraient-ils conduire à pire que les intenses bombardements frontaliers auxquels Israël a pu résister? Pourrait-on assister à une reprise des assassinats ciblés touchant un large éventail de groupes au Liban, dont les Palestiniens, les Yéménites, les Irakiens, les dirigeants iraniens et le Hezbollah lui-même? La complexité et l’instabilité de la situation laissent entrevoir une précarité, dont les implications pourraient s’étendre bien au-delà de la région immédiate si l’objectif d’Israël est d’élargir le front de la guerre.
Il y a quatre ans, dans la même nuit du 2 janvier, les USA ont procédé à des assassinats ciblés importants qui ont entraîné la mort du major général Qassem Soleimani et d’Abou Mahdi Al-Mouhandis. Les Américains croyaient que cette action affaiblirait la résistance contre leur présence au Moyen-Orient et leur allié israélien. Sauf que l’impact de telles opérations sur les capacités des mouvements de résistance (et sur un pays comme l’Iran) est complexe, car ces groupes s’appuient rarement sur un seul chef. Ils possèdent généralement une structure de leadership flexible et et horizontale, par opposition à une structure traditionnelle, pyramidale et hiérarchique, tout en étant conscients des risques constants encourus par leurs membres, y compris la possibilité d’être assassinés.
Dans ce contexte, la frappe d’Israël s’inscrit dans la lignée de ses actions précédentes contre les dirigeants palestiniens, libanais et iraniens, dans le but d’obtenir des victoires tactiques et médiatiques. Cependant, les structures et les stratégies opérationnelles des mouvements de résistance sont conçues pour supporter la perte de dirigeants, dont la possibilité est prise en compte dans leur planification quotidienne.
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