Entre diplomatie et désespoir : Ramadan difficile et sans répit à Gaza

Par Elijah J. Magnier 

Traduction : Daniel G.

Alors que le ramadan s’amorce à Gaza, les espoirs d’un cessez-le-feu pour mettre fin à la violence se sont estompés, projetant ainsi une ombre sur le mois sacré et les civils de la bande de Gaza assiégée et bombardée. Malgré les assurances répétées du président américain Joe Biden qu’un cessez-le-feu serait négocié avant le début du ramadan, ces promesses se sont évaporées, mettant à nu les limites apparentes de l’influence de Washington sur le gouvernement en place à Tel-Aviv. Ce recul par rapport à la pause des hostilités promise laisse présager un ramadan pénible, marqué par la mort due aux frappes aériennes, aux tirs de snipers, à la famine et, tragiquement, à l’aide alimentaire censée soutenir la vie, qui est devenue un danger périlleux lorsqu’elle est larguée du ciel.

Le premier ministre Benjamin Netanyahou se terre stratégiquement derrière les parachutages qu’il a personnellement autorisés, qu’il utilise comme mécanisme pour couvrir les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, notamment la famine dont souffre la population de Gaza. S’écartant nettement des attentes internationales, le président américain Joe Biden a exhorté Israël à ne pas se servir de l’aide humanitaire à des fins politiques ou militaires. Cette position s’est toutefois heurtée à la résistance de Netanyahou, qui a vivement contredit le plus proche allié de son pays en affirmant que « Gaza ne meurt pas de faim ». Cette déclaration fait référence aux parachutages limités et au nombre minime de camions actuellement autorisés à entrer dans la bande de Gaza, une réduction significative par rapport aux 500 camions par jour qui entraient dans la bande en temps de paix, un nombre qui était déjà considéré comme insuffisant.

Les remarques de Netanyahou visent à faire taire les critiques et à projeter une image de suffisance et de normalité dans la livraison de biens essentiels à Gaza, qui ne cadre absolument pas à la réalité sur le terrain. Ce discours, soutenu par l’autorisation d’une aide contrôlée qui arrive au compte-gouttes, sert d’outil dans la stratégie globale de Netanyahou pour minimiser les protestations internationales et éviter de rendre des comptes pour le blocus paralysant qui a exacerbé la crise humanitaire dans la bande de Gaza.

Les dirigeants de l’Axe de la Résistance perçoivent les largages humanitaires effectués par divers pays avec l’approbation d’Israël comme une tentative superficielle de réhabiliter leur image internationale. D’autant plus que ces pays affirment leur engagement envers les principes humanitaires tout en poursuivant leur soutien à Israël. Des pays comme la Jordanie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis aident Israël à contourner le blocus naval imposé par Ansar Allah au Yémen. Ils fournissent à Israël des légumes, des fruits et d’autres produits essentiels pour pallier les pénuries dues aussi à l’engagement Hezbollah dans le conflit le long du front nord, où 70 % de la production maraîchère israélienne est assurée.

Le volume de l’aide fournie par les parachutages à Gaza est bien inférieur à la capacité probable des points de passage terrestres, plus nombreux et plus efficaces. Vus sous cet angle, les parachutages profitent principalement à Israël en projetant une image de préoccupation humanitaire tout en masquant les effets de son blocus global. Ce blocus restreint considérablement l’approvisionnement en nourriture de la population civile de Gaza, d’où l’importance des parachutages pour cacher la dynamique plus large du siège.

Les partisans de la ligne dure israélienne ont affirmé ouvertement, voire avec vantardise, que l’aide fournie doit être minimale (juste assez de calories pour maintenir la vie à sa plus simple expression), en privant la population de la nourriture nécessaire pour se déplacer ou poursuivre ses activités. Cette attitude révèle que loin de constituer une bouée de sauvetage pour Gaza, les parachutages découlent d’une stratégie visant à dissimuler les actions d’Israël, qui restreint l’aide alimentaire substantielle tout en autorisant un déploiement contrôlé et limité de l’aide internationale.

Les parachutages, en apparence destinés à bénéficier à Gaza, contribuent involontairement à faire croire qu’Israël n’entrave pas l’aide civile, camouflant ainsi l’impact global du blocus. Le contrôle exercé par Israël sur l’approbation et la quantité de l’aide fournie souligne en outre l’aspect performatif de ces opérations en fonction de ses critères et de ses intérêts.Si la Résistance palestinienne se montre prudente dans ses critiques à l’égard du 

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