L’Irak valse entre les USA et l’Iran : Retrait retardé ou manœuvre politique?

Par Elijah J. Magnier :

Traduction : Daniel G.

Il n’y a pas de coïncidences dans les mutations géopolitiques constantes du Moyen-Orient. Ce n’est pas une coïncidence si, à la veille de la première visite à l’étranger du président iranien Massoud Pezeshkian à Bagdad, alors que l’Iran est prêt à riposter à l’agression israélienne, l’Irak a annoncé que les forces américaines se retireraient dans les deux prochaines années. Le premier ministre irakien, Mohammed Shia al-Sudani, a réussi à trouver un équilibre délicat entre l’influence américaine et iranienne dans son pays. Il a su faire face aux pressions exercées par les forces irrégulières armées qui ont une influence politique en Mésopotamie et à la menace persistante de séparation du Kurdistan irakien. Cependant, le retrait américain annoncé reste incertain jusqu’au moment venu pour plusieurs raisons qui doivent être prises en considération.

Depuis son entrée en fonction, le président Pezeshkian a déjà été confronté à sa première crise majeure : l’assassinat de son invité de marque, Ismaïl Haniyeh, chef du bureau politique du Hamas, dans une maison d’hôtes de Téhéran. Pour l’Iran, il ne s’agit non seulement d’une violation de sa souveraineté, mais aussi d’une provocation directe qui exige une réponse. Le premier ministre Benjamin Netanyahou, toujours prêt à envenimer le conflit, a voulu provoquer cette réponse. Il veut étendre la guerre en attirant les forces de l’OTAN et des États-Unis qui relèvent d’un commandement central (qui inclut désormais Israël) au Moyen-Orient, en les préparant à défendre Israël et, si nécessaire, à se joindre à l’offensive contre toute riposte iranienne.

Conscient des ambitions de Netanyahou, le président américain Joe Biden se trouve dans une position difficile. Joe Biden, dont le parti promeut Kamala Harris comme candidate à la présidence, ne veut pas être entraîné dans une guerre dont la fin n’est pas claire, qui ne ferait que prolonger la vie du gouvernement d’extrême droite de Netanyahou. Celui-ci a activement cherché à saper tout accord éventuel avec Biden pour mettre fin à la guerre de Gaza. Il devient de plus en plus évident que les manœuvres de Netanyahou font partie d’une stratégie plus large visant à influencer l’élection présidentielle américaine dans l’espoir que Donald Trump, qui a ouvertement déclaré qu’il donnerait à Israël « carte blanche » pour « étendre son petit territoire », revienne au pouvoir.

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