
Par Elijah J. Magnier
Traduction : Daniel G.
La chute de Bachar el-Assad et l’ascension rapide d’Ahmed al-Chara, également connu sous le nom d’Abou Muhammad al-Joulani, en tant que nouveau dirigeant de facto de la Syrie, marquent un changement radical dans le paysage géopolitique du Moyen-Orient. Le rôle central de la Turquie dans l’orchestration et l’exploitation de cette transition de pouvoir a renforcé son statut de puissance régionale dominante. Le président élu des États-Unis, Donald Trump, a récemment reconnu le triomphe stratégique d’Ankara, même s’il l’a critiqué, en déclarant que « la Turquie a fait un geste inamical en s’emparant de la Syrie ». Cette remarque souligne involontairement le coup d’État calculé et méticuleusement exécuté par la Turquie, qui a réussi là où d’autres avaient échoué.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan aurait prévu se rendre à Damas, honorant ainsi une promesse faite il y a plus de dix ans, en 2011. Au plus fort du conflit syrien, Erdogan s’était engagé à prier dans la mosquée des Omeyyades, symbole de sa vision d’une Syrie post-Assad alignée sur les intérêts stratégiques de la Turquie. Cette visite, qui devrait avoir lieu dans les semaines à venir, constitue un geste politique et symbolique important qui souligne l’influence croissante d’Ankara en Syrie après la chute de Bachar el-Assad.
Ce geste permettrait non seulement de réaffirmer le rôle d’Erdogan dans le façonnement de l’avenir de la Syrie, mais constituerait également un message fort pour la région quant à la montée en puissance de la Turquie en tant qu’acteur dominant dans le Moyen-Orient post-conflit. La visite de la mosquée des Omeyyades – un monument religieux et culturel vénéré – consoliderait le rôle de premier plan de la Turquie dans l’orientation de la reconstruction et de la gouvernance de la Syrie sous la nouvelle direction d’Ahmed al-Chara.
Le succès de la Turquie contraste fortement avec les efforts collectifs de nombreux pays qui ont dépensé des centaines de milliards de dollars et passé 13 ans à tenter de renverser Assad pendant le long conflit syrien. Deux centres opérationnels principaux – l’un basé en Jordanie, l’autre en Turquie – ont été créés pour orchestrer la campagne anti-Assad. Ces initiatives ont facilité l’afflux en Syrie de dizaines de milliers de djihadistes étrangers originaires du Moyen-Orient, d’Asie et des pays arabes. Malgré cette mobilisation massive de ressources et de main-d’œuvre, la coalition internationale n’a pas atteint ses objectifs, laissant derrière elle un nombre impressionnant de victimes humaines et un État syrien profondément fracturé.
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