Pari sur le leadership libanais : un accord fragile compromis

Par Elijah J. Magnier

Traduction : Daniel G.

La scène politique libanaise a une fois de plus été bouleversée par l’élection du président Joseph Aoun et du premier ministre désigné Nawaf Salam, qui souligne les profondes divisions du pays et ses imbroglios régionaux. Ce qui apparaissait initialement comme un transfert de pouvoir en douceur, fondé sur un accord complexe négocié par des acteurs nationaux et internationaux majeurs, a rapidement révélé la fragilité de la gouvernance libanaise et le précaire équilibre des pouvoirs à l’intérieur du pays.

L’élection de Joseph Aoun : un délicat exercice d’équilibre

L’accession au pouvoir du président Joseph Aoun n’a pas été simple ni incontestée. Au premier tour de scrutin, Aoun n’a pas atteint les 86 voix requises, n’en obtenant que 71. Sa candidature s’est heurtée à des problèmes constitutionnels, la constitution libanaise interdisant aux militaires en activité de se présenter à des élections à moins d’avoir quitté le service depuis au moins deux ans. Il n’a finalement été élu, avec 99 voix, qu’à l’issue de négociations de dernière minute avec le président du Parlement, Nabih Berri, et le Hezbollah.

Au cours d’une négociation de deux heures, Aoun a accepté plusieurs conditions essentielles pour s’assurer le soutien des chiites :

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