La nouvelle réalité de la Syrie : montée des insurrections et luttes de pouvoir entre l’Iran et la Turquie

Par Elijah J. Magnier – 

Traduction : Daniel G.

La chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024 a plongé la Syrie dans une nouvelle période troublée. Après la prise de contrôle de villes clés comme Damas et Alep par les nouvelles autorités, dirigées par Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), la stabilité du pays reste fragile. Les autorités locales ont lancé une vaste offensive militaire en direction de Tartous et de Lattaquié, le bastion alaouite de la côte occidentale, en rassemblant des forces d’Idlib, de Hama, de Homs et d’Alep dans ce qui a été déclaré comme une opération décisive. Le ministère syrien de la Défense a depuis assuré que « les gens peuvent rentrer chez eux, car le soulèvement est terminé et sous contrôle ». Mais la réalité sur le terrain dans la côte ouest dresse un tout autre portrait de la situation.

Ces derniers jours, au moins 30 membres des forces de sécurité et entre 134 et 229 alaouites ont été tués lors d’attaques menées dans plusieurs endroits, notamment dans des villages situés le long de la route Lattaquié-Alep, à Jableh, à Qardaha, dans le quartier Qasoun de Baniyas, dans la région rurale de Tartous, et dans certaines parties de la région rurale de Hama, dont Qamhana et Salhab. Outre les massacres, les habitants ont été victimes d’attaques ciblées sur leurs biens, de pillages, d’humiliations publiques, d’intimidations et d’enlèvements.

Le nouveau chef du service des renseignements généraux, Anas Khattab, a révélé dans une déclaration officielle que les enquêtes initiales désignaient d’anciens militaires et membres des services de sécurité fidèles au régime déchu d’Assad comme étant les instigateurs de la violence dans la région côtière. Sur X (anciennement Twitter), Khattab est allé plus loin en accusant des acteurs étrangers de soutenir ces agents, sans toutefois nommer de pays en particulier. À Damas, cependant, plusieurs responsables ont laissé entendre que l’Iran était impliqué dans le soulèvement.

Téhéran s’est ouvertement alarmé de l’aggravation du chaos en Syrie. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a lancé un avertissement sévère en signalant que le pays était au bord d’une nouvelle guerre civile et en appelant à une intervention immédiate pour éviter de nouvelles effusions de sang. L’Iran, qui a longtemps été l’un des principaux soutiens du régime Assad, est aujourd’hui confronté à un paysage géopolitique en pleine mutation, dans lequel son influence est directement remise en question par des factions rivales et des acteurs étrangers.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, s’est opposé diplomatiquement à l’Iran et a exprimé de fortes réserves quant à l’implication des milices chiites irakiennes comme les Hachd al-Chaabi (Unités de mobilisation populaire) dans le conflit syrien.

Subscribe to get access

Read more of this content when you subscribe today.

One-Time
Monthly
Yearly

Make a one-time donation

Make a monthly donation

Make a yearly donation

Choose an amount

€5.00
€15.00
€100.00
€5.00
€15.00
€100.00
€5.00
€15.00
€100.00

Or enter a custom amount


Your contribution is appreciated.

Your contribution is appreciated.

Your contribution is appreciated.

DonateDonate monthlyDonate yearly
Advertisements
Advertisements
Advertisements