Trump, porte-parole de Netanyahu : la politique américaine à Gaza reflète les ambitions israéliennes

Par Elijah J. Magnier

Dans un revirement diplomatique saisissant, les États-Unis ont abandonné leur rôle traditionnel de médiateur neutre pour devenir un mandataire de facto d’Israël dans les négociations avec le Hamas. Au lieu de chercher une solution équilibrée, Washington promeut une proposition de cessez-le-feu conçue avant tout pour soulager le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu de la pression intérieure croissante—sous couvert de préoccupations humanitaires et de libération des captifs israéliens.

Au cœur de ce plan, défendu par l’ancien président Donald Trump et ses alliés politiques, se trouve un cessez-le-feu de 60 jours. Mais ce n’est pas un effort sincère pour mettre fin à la guerre. Il s’agit plutôt d’une pause stratégique—élaborée pour permettre à Israël de se réorganiser, de consolider sa position militaire et politique, et de reprendre son offensive avec une intensité renouvelée. Trump parle de “suspension des combats”, sans jamais évoquer la fin de la guerre—une ambiguïté délibérée qui donne à Netanyahu le feu vert pour poursuivre les opérations militaires à sa guise. Ce choix de mots n’est pas anodin. Il permet à Israël de garder l’initiative tout en présentant le plan comme un geste humanitaire à l’attention de la communauté internationale.

Le texte de l’accord évoque une “cessation générale des hostilités” dans la bande de Gaza, omettant intentionnellement toute référence à une fin permanente du conflit. C’est un tour de passe-passe diplomatique—conçu pour créer l’illusion de progrès tout en maintenant le statu quo. Aucune obligation de retrait total des troupes israéliennes n’est exigée, ni de mécanisme contraignant pour garantir un acheminement régulier et sans entrave de l’aide humanitaire. Le plan propose seulement quelques redéploiements limités et de légères améliorations dans la distribution de l’aide.

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