
Par Elijah J Magnier –
La guerre contre l’Iran ne s’est pas contentée de détruire des infrastructures, de tuer des civils et de déstabiliser l’ensemble de la région. Elle a aussi modifié la logique stratégique du détroit d’Ormuz. Pendant des décennies, cette voie maritime a surtout été considérée comme un point de pression, un passage dont la fermeture ou la perturbation pouvait ébranler les marchés mondiaux de l’énergie. Mais la guerre illégale menée contre l’Iran a créé un autre type d’ouverture. Elle a offert à Téhéran une occasion rare de redéfinir le détroit non seulement comme un levier militaire, mais aussi comme un instrument économique : un lieu où des frais d’accès et de transit pourraient être imposés aux navires et aux pétroliers qui dépendent de l’un des goulets d’étranglement maritimes les plus cruciaux du monde. Pendant des décennies, ce levier a surtout été envisagé sous un angle négatif : le pouvoir d’interrompre. Mais l’interruption détruit de la valeur pour tout le monde, y compris pour l’Iran. Une stratégie plus intelligente consiste à monétiser ce levier.
Cette idée n’est plus abstraite. Depuis le début de la guerre, fin février 2026, l’Iran s’est employé à resserrer son contrôle sur le passage par Ormuz, notamment en imposant des restrictions sélectives et des exigences de coordination aux navires souhaitant transiter. L’Iran a effectivement fermé le détroit au début du mois de mars avant d’autoriser par la suite des catégories limitées de trafic maritime, tandis que d’autres informations font état d’un système de péage en cours d’élaboration, lié à la supervision iranienne du passage en toute sécurité.
Du point de vue de Téhéran, la logique est simple. La guerre a infligé des dégâts immenses à l’Iran, non seulement par des frappes directes, mais aussi à travers la perte de production, la perturbation du commerce, la destruction d’installations et une paralysie économique plus large. Le Programme des Nations unies pour le développement a estimé jusqu’à 194 milliards de dollars de pertes de production économique à l’échelle régionale en raison de la guerre, tandis que le FMI a décrit le conflit comme un choc majeur pour les flux énergétiques et la stabilité économique. Il s’agit d’estimations régionales et non d’un bilan définitif pour l’Iran seul, mais elles appuient l’idée plus large selon laquelle les dommages atteignent des centaines de milliards de dollars une fois prises en compte les destructions directes et les pertes économiques à long terme.
Subscribe to get access
Read more of this content when you subscribe today.
Make a one-time donation
Make a monthly donation
Make a yearly donation
Choose an amount
Or enter a custom amount
Your contribution is appreciated.
Your contribution is appreciated.
Your contribution is appreciated.
One thought on “Le prix de la guerre : comment l’Iran pourrait faire du détroit d’Ormuz un mécanisme de compensation”
Comments are closed.