Le garant qui ne garantit rien

Par Elijah J. Magnier

L’échange entre la représentante américaine Rosa DeLauro et le secrétaire d’État Marco Rubio lors de l’audition de juin consacrée au budget du département d’État pourrait se révéler plus instructif que de nombreux communiqués officiels publiés au sujet de Gaza, du Liban ou du Moyen-Orient dans son ensemble. Ce qui est apparu n’était pas simplement un désaccord sur l’aide humanitaire ou sur la mise en œuvre du plan en vingt points du président Donald Trump pour Gaza. L’audition a mis en lumière une question plus profonde qui dépasse désormais largement Gaza elle-même : si Washington est incapable ou refuse d’imposer le respect de ses engagements à son plus proche allié, pourquoi un acteur régional quelconque, qu’il s’agisse du Liban, de l’Iran ou des pays du Golfe, devrait-il faire confiance aux garanties américaines ailleurs ?

Les questions de DeLauro étaient directes. Elle a évoqué la catastrophe humanitaire qui se poursuit à Gaza, le flux limité d’aide (120 camions humanitaires par jour au lieu des 600 prévus), l’augmentation du nombre de morts (des dizaines de victimes chaque jour) ainsi que la directive attribuée au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ordonnant à l’armée israélienne de s’emparer de 70 % de la bande de Gaza alors qu’Israël contrôlait déjà environ 53 % du territoire au moment de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Elle a demandé à plusieurs reprises quels progrès avaient été réalisés dans la mise en œuvre du plan de l’administration et si les États-Unis s’opposaient à une telle directive. Israël a transformé le plan de reconstruction de Gaza en couverture permettant d’occuper davantage de territoires et de poursuivre le nettoyage ethnique de Gaza.

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