
Par Elijah J. Magnier –
Israël a mené des opérations militaires prolongées à Gaza, au Liban et en Iran sans connaître l’effondrement économique généralement associé à une guerre de longue durée sur plusieurs fronts. Le shekel s’est renforcé au lieu de s’effondrer, le chômage est resté relativement faible, les investissements étrangers se sont poursuivis et les secteurs technologique, militaire et énergétique ont généré des transactions exceptionnelles. Les principaux indicateurs témoignent donc d’une véritable résilience, mais ils ne racontent pas toute l’histoire. Les performances économiques d’Israël ont été soutenues par un ensemble concentré de secteurs hautement productifs, d’importantes réserves financières, un accès continu aux capitaux internationaux et une assistance militaire américaine considérable. Derrière ces protections apparaissent néanmoins une croissance structurelle plus faible, une dette publique plus élevée, un marché du travail perturbé et des coûts d’opportunité croissants.
La distinction entre résilience et immunité est essentielle. Israël a démontré qu’une économie technologiquement avancée, intégrée aux réseaux financiers et commerciaux occidentaux, pouvait absorber des chocs militaires répétés. Il n’a pas démontré qu’une guerre prolongée pouvait être économiquement soutenable sans un soutien extérieur important ni conséquences intérieures durables.
Le Fonds monétaire international prévoit une croissance du produit intérieur brut israélien d’environ 3,5 pour cent en 2026, après une progression proche de 2,9 pour cent en 2025. Cette performance dépasserait celle attendue dans la plupart des économies occidentales avancées. Elle reste néanmoins nettement inférieure aux 4,8 pour cent prévus par le FMI avant la dernière escalade régionale.
La Banque d’Israël se montre légèrement plus optimiste. Ses prévisions de juillet tablent sur une croissance de 4 pour cent en 2026 et de 5,5 pour cent en 2027, dans l’hypothèse d’une réduction des activités militaires et d’un relâchement progressif des contraintes pesant sur l’offre. L’écart entre ces prévisions traduit les incertitudes entourant la durée des combats, les futures mobilisations de réservistes et les dépenses militaires supplémentaires.
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