
Par Elijah J. Magnier
La Chine exerce sur la Russie une influence plus grande que toute autre grande puissance entretenant encore des relations étroites avec Moscou. Elle est son premier client énergétique, un fournisseur indispensable de produits manufacturés et de biens à double usage, un partenaire diplomatique essentiel et un relais de plus en plus important vers les circuits financiers non occidentaux. Le président chinois Xi Jinping peut, par conséquent, parler à Vladimir Poutine avec une autorité dont ne disposent pas les dirigeants européens.
Cela ne signifie pas que Pékin puisse ordonner à Moscou de mettre fin à la guerre. La Chine n’est pas non plus un médiateur neutre, à égale distance de la Russie et de l’Ukraine. Elle n’a pas adhéré aux sanctions occidentales, a offert une couverture diplomatique à la Russie et a maintenu les relations économiques qui ont aidé Moscou à résister à la perte de ses marchés européens. Pékin appelle régulièrement à des négociations et s’oppose à toute escalade nucléaire, mais s’est abstenu d’exercer une pression susceptible d’exposer la Russie à une défaite stratégique.
La Chine peut contribuer à mettre fin à la guerre, mais seulement si le règlement qui se dessine protège ses propres intérêts et tient compte des préoccupations de sécurité nationale de la Russie. D’ici là, Pékin pourrait juger qu’un conflit ralenti et contenu vaut mieux qu’une défaite russe ou qu’une victoire russe incontrôlée.
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