Le long périple menant au choix des nouveaux dirigeants de Bagdad

Al-Sadr est descendu de son arbre 

Par Elijah J. Magnier

Traduction : Daniel G.

Les partis chiites irakiens ont décidé de mettre fin à leur sit-in et de retirer les tentes et les barrières déployées depuis quelques mois à Bagdad à l’entrée de la « zone verte ». Ils sont désormais disposés à s’engager dans le processus politique et à accepter les résultats des élections approuvés par la Cour suprême fédérale. Cela n’a été possible qu’à la suite de débats houleux entre les dirigeants des partis chiites. L’objectif était de surmonter la persistance des divergences provoquées par les résultats préliminaires et des différentes façons d’aborder les enjeux cruciaux, plus particulièrement la présence des forces US, la corruption et les milices armées.

De nombreux partis politiques ont perdu un nombre important de sièges parlementaires, ce qui limitera leur influence dans le futur gouvernement, mais pas dans la rue. Le mouvement sadriste était très fier d’avoir remporté le plus grand nombre de sièges au Parlement (73 députés) et manifestait un vif espoir de former un gouvernement sadriste. Sauf que la route entre l’annonce des résultats et la formation du gouvernement est longue et semée d’embûches. C’est pour cette raison que la dernière réunion a eu lieu à Nadjaf, après celle de Bagdad qui a brisé la glace entre les dirigeants politiques des partis chiites parmi les plus influents du pays, mais en l’absence de l’ancien premier ministre Nouri al-Maliki (33 sièges). Cela indique que les ententes politiques entre tous les partis chiites menant à la sélection des dirigeants du pays n’ont pas encore mûri, mais que l’on a commencé à discuter sérieusement des principales pierres d’achoppement.

Un point de désaccord dans le prochain gouvernement sera lié au maintien de la présence des forces US sous différentes appellations et pour différentes raisons (forces chargées de l’entraînement et du renseignement au lieu de forces de combat). Le grand ayatollah chiite Sayed Kadhem Al-Haeri a publié une fatwa appelant au retrait immédiat de toutes les forces US et légitimant la résistance : « Il est interdit de maintenir la présence de toute force militaire US, sous le prétexte de fournir un entraînement ou des conseils militaires ou de combattre le terrorisme dont ces forces (les USA) sont les instigateurs. » Cette fatwa, qui ne lie que les partisans de Sayed Al-Haeri, est en phase avec la position des factions irakiennes qui ont juré d’attaquer les forces US après le 31 décembre 2021. Al-Haeri et les factions irakiennes appellent à considérer tout soldat US encore sur le sol irakien comme un occupant auquel il faut résister jusqu’à l’expulsion de tous les occupants.Sayed Moqtada al-Sadr a remporté le plus grand nombre de sièges au Parlement (73). Sur 

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