Al-Maliki va-t-il semer la pagaille parmi les chiites et quelle est la position de l’Iran?

Par Elijah J. Magnier

Traduction : Daniel G.

L’Irak n’a pas connu de division marquée entre les chiites dans l’arène politique et dans la rue, mais c’est ce qui se dessine à l’issue des élections parlementaires qui ont permis aux sadristes de remporter la majorité parlementaire (73 sièges) et d’élire le président du Parlement et de ses deux adjoints. Cependant, les divergences ne sont pas qu’entre les partis chiites faisant partie du « cadre de coordination » (CC) et le mouvement sadriste. Elles s’observent aussi parmi les membres du CC, qui ne forme pas un groupe homogène. Cela amène les ennemis de l’Irak à souffler sur les braises d’un incendie avec le soutien indirect des chiites. L’ancien premier ministre Nouri al-Maliki, considéré comme le parrain du CC, est tenu directement responsable du conflit interchiite. N’empêche qu’une solution définitive doit être trouvée avant la fin de ce mois, quand aura lieu l’élection du nouveau président irakien.

Le conflit interchiite au sujet des postes clés au sein du gouvernement n’a rien de nouveau. Lors des élections parlementaires de décembre 2005, l’alliance chiite appelée « Alliance irakienne unie – 555 » a remporté une majorité de 129 sièges. Le Parlement comptait alors 275 membres (329 aujourd’hui). Il ne lui fallait alors que neuf sièges pour obtenir la majorité parlementaire (138 sièges). L’écart a été comblé par les membres de la coalition chiite, les puissants partis dirigés par le Conseil suprême, l’Organisation Badr, et le parti Da’wa. À la suite de négociations auxquelles le grand ayatollah Sayed Ali Sistani a participé, il a été décidé d’écarter le premier ministre Ibrahim al-Jaafari, qui avait le pouvoir de choisir un premier ministre issu de son parti Da’wa. Il a arrêté son choix sur le numéro deux du parti, Nouri al-Maliki, dont le nom a été présenté aux autorités d’occupation US pour ensuite être approuvé comme nouveau premier ministre.Cependant, le règne d’al-Maliki a été marqué par son monopole du pouvoir. Il a refusé de le partager avec ses partenaires politiques, les puissants partis chiites. En 2008, Al-Maliki a été impliqué dans la « bataille de Bassora », au cours de laquelle il a annoncé une date limite en donnant trois jours au mouvement sadriste pour qu’il dépose ses armes, sans quoi il serait anéanti. Cela a déclenché le tout premier conflit interchiite, les troupes attaquantes et tous 

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