
Par Elijah J. Magnier
Traduction : Daniel G.
Après plus de deux mois de conflit, les forces israéliennes ont pénétré dans le nord et le sud de la bande de Gaza à partir de multiples directions. Initialement, leur entrée dans le nord visait non seulement à déplacer les habitants pour donner au premier ministre Benjamin Netanyahou l’apparence d’une victoire à déclarer à la face du monde, mais aussi à démolir la zone pour la rendre inhabitable après le conflit. Cette stratégie a effectivement laissé des parties de Gaza sous le contrôle de groupes de résistance locaux, qui ont combattu les forces d’invasion dans les zones dévastées. La tactique de ces derniers consistait à imposer des combats au corps à corps, en minimisant l’impact de l’artillerie et des bombardements aériens. Malgré les protestations mondiales condamnant les pertes de vies palestiniennes, le soutien des dirigeants occidentaux à Israël est resté inébranlable. Cette situation s’explique par le fait que la résistance à Gaza est perçue comme un obstacle important à une idéologie expansionniste qui semble favoriser une présence démographique exclusive dans la région. Toutefois, l’issue de cet affrontement reste encore à déterminer sur le champ de bataille.
L’armée israélienne ne saisit peut-être pas pleinement la signification symbolique du quartier Shuja’iyya de Gaza, nommé par les Gazaouis en l’honneur d'”Al-Shuja” (le courageux). Ce quartier, dont les habitants sont reconnus par les Gazaouis comme ayant une grande force de caractère, a vu naître de grands chefs de la résistance tels que Ramadan Abdullah Shallah, Ziad al-Nakhala et de nombreux autres commandants. Située dans la partie nord de la ville de Gaza, une zone sous contrôle israélien depuis le 24 novembre, Shuja’iyya est le point focal d’intenses confrontations quotidiennes. Les forces de résistance locales y sont activement engagées dans de fréquents accrochages avec les troupes israéliennes, qui causent des pertes significatives en termes de vies humaines et d’équipement, les médias israéliens citant en moyenne des pertes variant de trois à dix soldats par jour, en plus de la destruction de nombreux véhicules militaires.
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